PARANOÏA !

Il m'est arrivé une aventure terrible que je ne souhaite à personne.
Allez, je vous la raconte au risque de pourrir votre soirée, mais cela pourrait vous servir à ne pas faire la même erreur...

19h47 : je suis dans mon canapé à siroter innocemment un petit jaune. Les rideaux qui donnent sur la rue sont ouverts. Dans quelques minutes, Evelyne Dheliat va apparaître sur l'écran et illuminer ma soirée de son charme exotique. Je suis impatient, comme toujours.

19h52 : J'éternue une fois... puis deux... puis trois... je me dis que j'ai dû attraper une saloperie, tout en regardant une pub super instructive sur un nouveau papier toilette écolo en poils de yack.

19h54 : on sonne à la porte... des pas dans le couloir... deux policiers portant de drôles de masques débarquent dans le salon et se jettent sur moi. J'ai juste le temps de poser mon verre de pastis, tandis qu'ils m'arrachent du canapé et me plaquent au sol. Je sens l'odeur d'eau de Cologne
du plus gros m'attaquer directement les neurones.
- Monsieur, me dit-il d'une voix rude, ne bougez pas et tout se passera bien. Ceci est une opération de police.
J'esaie de répondre mais les poils du tapis mempêchent d'articuler.
- Grumpff... fmurchs... dis-je tout de même pour marquer mon indignation.
- Avez-vous éternué dans vore bras, comme il est recommandé, ou dans un mouchoir ?
La pression se relâche et cette fois je peux répondre.
- Mouchoirrrr...
- Vous l'avez jeté, j'espère...
Je lui désigne d'un oeil coupable le dit mouchoir qui trône beurkement sur le tapis.
- Je vois, je vois... le fumier ! t'entends ça, Polo ?
Polo répond par un grognement qui en dit long sur son dégoût, puis c'est à son tour de me questionner.
- Et tu t'es lavé les mains, ordure ?
Là, je sens qu'il faut la jouer fine.
- Ouichh...
- Combien de temps ?
- Euh, 20 secondes...
Ils me passent les menottes et se relevent avec un soupir.
- Allez, qu'on m'emmène ce salopard directement au zonzon, on s'en occupera plus tard. Ils me traînent sur le parquet, pendant que le gros flic enlève son masque et s'approche de la Germaine avec un sourir idiot.
- Désolé pour le dérangement, m'dame, mais vous savez ce que c'est. Avec cette fichue grippe, il faut être prudent...
- Bien sûr, monsieur l'agent, répond-elle de sa voix mielleuse. Vous voulez boire quelque chose ?
- Oh, c'est pas de refus...
On me fait monter sans ménagement dans la voiture. L'air est frais et odorant. Une belle soirée...
La dernière chose que je vois, quand la voiture démarre dans un hurlement de sirènes, c'est la Germaine postée à la fenêtre, à me regarder, le majeur pointé vers le ciel.
- Toi, ma cochonne, tu ne paies rien pour attendre...

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